Design de vie / Se connaître

Comprendre ses réflexes.
Retrouver du choix.

Les cinq postures, expliquées et mises en pratique.

Tu veux être libre, mais tu dis oui quand tu penses non. Tu tiens à la confiance, mais tu veux tout contrôler. Comment repérer ce qui se passe entre tes valeurs et tes réactions ?

Charly Aubert · 12 octobre 2026 · 5 min de lecture + 8 min d’exercice

Faire le questionnaire

L’alignement se joue aussi dans les petites réactions.

Pour moi, le design de vie commence par une question : est-ce que ma manière de vivre ressemble à ce qui compte pour moi ? On peut y répondre en regardant son travail, son argent ou son lieu de vie. On peut aussi commencer par une conversation de dix minutes.

Un exemple : quelqu’un te demande un service. Tu sais que tu n’as pas le temps. Pourtant, tu acceptes. Le soir, tu te retrouves à faire ce service en lui en voulant. Entre ta valeur — préserver ton temps — et ton geste, une réaction habituelle a pris la place du choix.

Le livre La posture juste, de Thierry Janssen, propose une grille de lecture de ces manières de se protéger dans la relation. J’en ai fait un questionnaire avec Claude Code. Je le partage ici comme un support pour observer ses habitudes et ouvrir une réflexion.

Ce questionnaire est une adaptation personnelle, pas un test officiel de l’auteur ni un outil psychométrique validé. Il ne permet pas de poser un diagnostic.

Cinq réactions, une même situation.

Imagine que quelqu’un remet en question ton travail. Voici cinq réactions possibles. Tu peux en reconnaître plusieurs, selon la personne en face, ta fatigue ou le contexte.

01

Se retirer

« Je décroche. Je ne suis plus vraiment dans la discussion. »

À observer : qu’est-ce qui m’aiderait à rester présent ou à demander une pause ?

02

Chercher à être rassuré

« Est-ce qu’il m’apprécie encore ? J’ai besoin de vérifier que le lien tient. »

À observer : quel besoin pourrais-je exprimer clairement ?

03

S’effacer

« Je dis que je suis d’accord. Plus tard, je rumine ce que je n’ai pas dit. »

À observer : quel désaccord n’ai-je pas osé formuler ?

04

Reprendre le contrôle

« Je contre-attaque. Je dois lui faire comprendre que j’ai raison. »

À observer : est-ce que je peux écouter avant de chercher à convaincre ?

05

Vouloir être irréprochable

« Je vais tout reprendre. Si c’était parfait, on ne pourrait rien me reprocher. »

À observer : quelle amélioration est réellement nécessaire ici ?

Faire le lien avec le vocabulaire du livre

Le questionnaire d’origine utilise les termes « schizoïde », « oral », « masochiste », « psychopathe » et « rigide », issus de cette tradition de lecture du caractère. Ils désignent ici les catégories du modèle, pas un diagnostic sur la personne. Pour rendre l’exercice plus lisible, les résultats utilisent respectivement : retrait, recherche de lien, effacement, contrôle et perfection.

À toi de jouer · environ 8 minutes

Quels réflexes reconnais-tu ?

Pense à des situations récentes et ordinaires. Réponds selon la fréquence que tu observes, de « jamais » à « toujours ». Il n’y a pas de bonne réponse.

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Étape 1 sur 9

01. Quand une situation devient tendue, je décroche de l'intérieur : je suis là sans être là.
02. J'ai besoin qu'on me confirme régulièrement que le lien tient.
03. Je dis oui alors que je pense non, puis je traîne des pieds.
04. Dans un désaccord, j'ai besoin d'avoir le dernier mot.
05. Mon juge intérieur me dit souvent : c'est bien, mais tu pouvais faire mieux.

Étape 2 sur 9

06. J'évite le conflit, quitte à ravaler ce dont j'ai besoin.
07. Je ne crois pas vraiment les compliments qu'on me fait.
08. Je raconte des choses intimes d'un ton neutre, comme si je parlais de quelqu'un d'autre.
09. Quand une personne proche prend de la distance, je ressens un creux au niveau de l'estomac.
10. Je sais exactement quoi dire pour embarquer quelqu'un dans mon projet.

Étape 3 sur 9

11. Faire confiance me donne l'impression de perdre la main ; je préfère garder le contrôle.
12. Je me sens plus vivant dans mes idées et mes visions que dans le concret du quotidien.
13. Ma vie est remplie de « il faut » et de « je dois ».
14. Demander de l'aide m'est très difficile : je préfère tout porter seul.
15. Ma colère sort rarement sur le moment ; elle tourne ensuite en boucle quand je suis seul.

Étape 4 sur 9

16. J'attends que l'autre devine ce dont j'ai besoin, et je me ferme quand il ne le devine pas.
17. Quand on me résiste, je passe vite du charme à la pression.
18. Il m'arrive d'exploser pour un détail, après avoir longtemps tout encaissé.
19. Je force au-delà de mes limites physiques, même quand le corps proteste.
20. J'ai souvent l'impression que les autres ne peuvent pas vraiment me comprendre.

Étape 5 sur 9

21. J'ai du mal à trancher, parce qu'il y a peut-être une meilleure option.
22. Je m'indigne plus facilement pour la cause des autres que pour la mienne.
23. Je remplis mes journées à ras bord et j'ai l'impression de courir après le temps.
24. J'oublie mon corps (faim, fatigue, froid) tant que ma tête est occupée.
25. Je range assez vite les gens entre alliés et adversaires.

Étape 6 sur 9

26. Je perds la notion du temps et j'arrive en retard sans l'avoir vu venir.
27. Dans un conflit, je sais exactement où appuyer pour faire mal.
28. Je mange vite, sans vraiment goûter, ou pour combler un vide qui n'est pas de la faim.
29. Quand on me demande ce que je veux vraiment, je ne sais pas quoi répondre.
30. Je montre l'image de quelqu'un qui va bien, même quand ça ne va pas.

Étape 7 sur 9

31. Je repousse ce qui ressemble à une obligation, même quand c'est moi qui me l'impose.
32. Ce n'est jamais assez : argent, projets, expériences, il m'en faut toujours un de plus.
33. Je soupçonne vite les autres de vouloir me manipuler ou me doubler.
34. J'ai un endroit (un tiroir, une pièce, un pan de ma vie) où je range ce qui ne colle pas à l'image.
35. Quand le réel pèse trop, je m'échappe : rêverie, écran, substance.

Étape 8 sur 9

36. Être admiré me rassure plus que je ne l'admets.
37. Danser ou chanter librement devant d'autres me paralyse.
38. Je fais passer un reproche par une pique ou un sous-entendu plutôt que de le dire en face.
39. C'est au moment de passer de l'inspiration à la réalisation concrète que je cale.
40. Je donne beaucoup en espérant, au fond, recevoir autant en retour.

Étape 9 sur 9

41. Quand je suis fatigué ou seul, ma poitrine se creuse et mes épaules tombent.
42. Debout, je sens peu mes pieds et mes jambes ; mon énergie est surtout dans le haut.
43. Mon corps est tenu ; me relâcher complètement me demande un effort.
44. Quand je veux convaincre, je me penche en avant, le doigt tendu, le dos qui pousse.
45. Je serre les mâchoires ; ma nuque et mes épaules sont chargées.

Cette réponse sert à ta réflexion ; elle ne change pas les scores.

Comment lire ton bilan ?

Pars des situations qui te reviennent en tête. Une réponse peut être fréquente au travail et rare avec tes amis. La moyenne ne raconte pas ce contexte ; c’est à toi de le préciser.

Chaque posture regroupe neuf affirmations. Chaque réponse vaut de 0 à 4 points. Le résultat affiché est leur moyenne : si tes neuf réponses valent 2, tu obtiens 2 sur 4, soit « parfois » sur cette échelle. Toutes les questions ont le même poids. La question facultative sur la façade ne compte pas dans ce calcul.

Une moyenne plus élevée est une piste à explorer. Elle signifie seulement que tu as choisi plus souvent « souvent » ou « toujours » pour ce groupe de phrases. Il n’y a pas de seuil qui dirait que tu es « trop » dans une posture. Une moyenne basse ne prouve pas non plus qu’une réaction serait cachée.

Si deux moyennes sont identiques, l’outil montre les deux pistes. Si tout est au même niveau, il ne choisit pas une posture à ta place. Tu peux revenir sur tes réponses ou partir directement d’un exemple de ton quotidien.

Voir quelles affirmations composent chaque moyenne
  • Le retrait : 1, 8, 12, 20, 24, 26, 35, 39, 42.
  • La recherche de lien : 2, 9, 14, 16, 23, 28, 32, 40, 41.
  • L’effacement : 3, 6, 15, 18, 22, 29, 31, 38, 45.
  • Le contrôle : 4, 10, 11, 17, 25, 27, 33, 36, 44.
  • La perfection : 5, 7, 13, 19, 21, 30, 34, 37, 43.

Il n’y a ni pondération ni inversion de score. Le découpage reprend celui de mon questionnaire initial.

Un petit ajustement, dans une vraie situation.

Reprenons le service accepté à contrecœur. L’objectif peut être très modeste : lors de la prochaine demande, prendre le temps de regarder ton agenda avant de répondre.

  1. Nommer le moment. « Quand on me demande de l’aide à la dernière minute… »
  2. Repérer le réflexe. « …je dis oui immédiatement pour éviter de décevoir. »
  3. Essayer une autre réponse. « Je te réponds demain, après avoir regardé ma semaine. »
  4. Revenir sur l’expérience. Qu’est-ce que j’ai ressenti ? Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Que voudrais-je ajuster ?

Tu peux utiliser les deux champs de ton bilan pour écrire cette expérience et la garder avec toi. Une situation, un geste, puis un retour sur ce que tu as observé : c’est déjà une manière très concrète de travailler son alignement.

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