Design de vie / Se connaître
Comprendre ses réflexes.
Retrouver du choix.
Les cinq postures, expliquées et mises en pratique.
Tu veux être libre, mais tu dis oui quand tu penses non. Tu tiens à la confiance, mais tu veux tout contrôler. Comment repérer ce qui se passe entre tes valeurs et tes réactions ?
Faire le questionnaireL’alignement se joue aussi dans les petites réactions.
Pour moi, le design de vie commence par une question : est-ce que ma manière de vivre ressemble à ce qui compte pour moi ? On peut y répondre en regardant son travail, son argent ou son lieu de vie. On peut aussi commencer par une conversation de dix minutes.
Un exemple : quelqu’un te demande un service. Tu sais que tu n’as pas le temps. Pourtant, tu acceptes. Le soir, tu te retrouves à faire ce service en lui en voulant. Entre ta valeur — préserver ton temps — et ton geste, une réaction habituelle a pris la place du choix.
Le livre La posture juste, de Thierry Janssen, propose une grille de lecture de ces manières de se protéger dans la relation. J’en ai fait un questionnaire avec Claude Code. Je le partage ici comme un support pour observer ses habitudes et ouvrir une réflexion.
Ce questionnaire est une adaptation personnelle, pas un test officiel de l’auteur ni un outil psychométrique validé. Il ne permet pas de poser un diagnostic.
Cinq réactions, une même situation.
Imagine que quelqu’un remet en question ton travail. Voici cinq réactions possibles. Tu peux en reconnaître plusieurs, selon la personne en face, ta fatigue ou le contexte.
Se retirer
« Je décroche. Je ne suis plus vraiment dans la discussion. »
À observer : qu’est-ce qui m’aiderait à rester présent ou à demander une pause ?
Chercher à être rassuré
« Est-ce qu’il m’apprécie encore ? J’ai besoin de vérifier que le lien tient. »
À observer : quel besoin pourrais-je exprimer clairement ?
S’effacer
« Je dis que je suis d’accord. Plus tard, je rumine ce que je n’ai pas dit. »
À observer : quel désaccord n’ai-je pas osé formuler ?
Reprendre le contrôle
« Je contre-attaque. Je dois lui faire comprendre que j’ai raison. »
À observer : est-ce que je peux écouter avant de chercher à convaincre ?
Vouloir être irréprochable
« Je vais tout reprendre. Si c’était parfait, on ne pourrait rien me reprocher. »
À observer : quelle amélioration est réellement nécessaire ici ?
Faire le lien avec le vocabulaire du livre
Le questionnaire d’origine utilise les termes « schizoïde », « oral », « masochiste », « psychopathe » et « rigide », issus de cette tradition de lecture du caractère. Ils désignent ici les catégories du modèle, pas un diagnostic sur la personne. Pour rendre l’exercice plus lisible, les résultats utilisent respectivement : retrait, recherche de lien, effacement, contrôle et perfection.
À toi de jouer · environ 8 minutes
Quels réflexes reconnais-tu ?
Pense à des situations récentes et ordinaires. Réponds selon la fréquence que tu observes, de « jamais » à « toujours ». Il n’y a pas de bonne réponse.
Tes réponses restent dans ce navigateur. Aucun compte, aucun envoi.
Un point de départ pour observer
Ce que tes réponses font ressortir
Moyenne sur 4 : 0 = jamais · 2 = parfois · 4 = toujours. Ces scores décrivent tes réponses du moment, pas ton identité. Ils n’indiquent ni gravité ni diagnostic.
À explorer · Le retrait
Dans quelle situation est-ce que je cesse de participer, alors que quelque chose compte pour moi ?
Lors d’un prochain échange, repère le moment où tu décroches. Si tu le souhaites, exprime une chose concrète : « Là, j’ai besoin de faire une pause pour revenir à la discussion. »
À explorer · La recherche de lien
Qu’est-ce que j’attends que l’autre devine, sans le lui avoir demandé ?
Choisis une petite demande que tu peux formuler clairement, sans attendre que l’autre la devine : « Est-ce que tu aurais dix minutes pour m’écouter ? »
À explorer · L’effacement
À quel moment mon oui ne correspond-il plus à ce que je veux ?
Avant d’accepter une nouvelle demande, accorde-toi un délai : « Je regarde ce que je peux faire et je te réponds demain. » Observe ce que cela change.
À explorer · Le contrôle
Qu’est-ce que j’essaie de garantir en voulant tout maîtriser ?
Dans un échange sans enjeu de sécurité, pose une question ouverte et laisse l’autre finir sa réponse avant de proposer ta solution.
À explorer · La perfection
Quel effort est utile à la situation, et lequel sert surtout à éviter une erreur ?
Pour une petite tâche réversible, écris ton critère de « suffisamment bien » avant de commencer. Arrête-toi quand ce critère est atteint.
Effacer les réponses et les notes de cet exercice, y compris leur sauvegarde sur cet appareil ?
Comment lire ton bilan ?
Pars des situations qui te reviennent en tête. Une réponse peut être fréquente au travail et rare avec tes amis. La moyenne ne raconte pas ce contexte ; c’est à toi de le préciser.
Chaque posture regroupe neuf affirmations. Chaque réponse vaut de 0 à 4 points. Le résultat affiché est leur moyenne : si tes neuf réponses valent 2, tu obtiens 2 sur 4, soit « parfois » sur cette échelle. Toutes les questions ont le même poids. La question facultative sur la façade ne compte pas dans ce calcul.
Une moyenne plus élevée est une piste à explorer. Elle signifie seulement que tu as choisi plus souvent « souvent » ou « toujours » pour ce groupe de phrases. Il n’y a pas de seuil qui dirait que tu es « trop » dans une posture. Une moyenne basse ne prouve pas non plus qu’une réaction serait cachée.
Si deux moyennes sont identiques, l’outil montre les deux pistes. Si tout est au même niveau, il ne choisit pas une posture à ta place. Tu peux revenir sur tes réponses ou partir directement d’un exemple de ton quotidien.
Voir quelles affirmations composent chaque moyenne
- Le retrait : 1, 8, 12, 20, 24, 26, 35, 39, 42.
- La recherche de lien : 2, 9, 14, 16, 23, 28, 32, 40, 41.
- L’effacement : 3, 6, 15, 18, 22, 29, 31, 38, 45.
- Le contrôle : 4, 10, 11, 17, 25, 27, 33, 36, 44.
- La perfection : 5, 7, 13, 19, 21, 30, 34, 37, 43.
Il n’y a ni pondération ni inversion de score. Le découpage reprend celui de mon questionnaire initial.
Un petit ajustement, dans une vraie situation.
Reprenons le service accepté à contrecœur. L’objectif peut être très modeste : lors de la prochaine demande, prendre le temps de regarder ton agenda avant de répondre.
- Nommer le moment. « Quand on me demande de l’aide à la dernière minute… »
- Repérer le réflexe. « …je dis oui immédiatement pour éviter de décevoir. »
- Essayer une autre réponse. « Je te réponds demain, après avoir regardé ma semaine. »
- Revenir sur l’expérience. Qu’est-ce que j’ai ressenti ? Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Que voudrais-je ajuster ?
Tu peux utiliser les deux champs de ton bilan pour écrire cette expérience et la garder avec toi. Une situation, un geste, puis un retour sur ce que tu as observé : c’est déjà une manière très concrète de travailler son alignement.