Apprendre par les mains
Quatre paragraphes choisis dans le récit du Grand Shambala : faire des erreurs, apprendre les enduits et regarder autrement la terre du lieu.
On a fait des erreurs. Des murs qui n'étaient pas d'aplomb. Des poutres qu'il a fallu reprendre. Des journées entières perdues à corriger ce qu'on avait mal fait la veille. C'est ça, la réalité d'un chantier en autoconstruction : tu apprends en faisant, et tu paies le prix de chaque leçon.
Si la structure en paille, c'est la force brute, les enduits, c'est la finesse. Et c'est là que j'ai le plus appris.
Et c'est là que j'ai découvert quelque chose d'inattendu : la construction écologique et la création artistique ne sont pas deux choses séparées. Un enduit bien fait contient la même beauté qu'une toile. La terre a des nuances, des textures, des couleurs qui changent avec la lumière. J'appelle ça la Fractale du Beau — le beau à toutes les échelles, du geste le plus infime à la vision d'ensemble.
Les enduits du Grand Shambala sont faits avec notre terre. La terre du terrain. Les pigments naturels qu'on trouve dans le sol. Chaque mur raconte le lieu où il se trouve.
Charly Aubert, Grand Shambala, récit daté du 3 février 2026. Extraits des passages sur la construction et sur les enduits, sélectionnés en septembre 2026. Les délais mentionnés dans le texte d’origine sont historiques et ne constituent pas le calendrier actuel de LAOM.
